"Je me rappelais les discours des professeurs, «Analysez le style de cet écrivain», «Ce poème est très bien écrit, par exemple la voyelle unetelle apparaît quatre fois dans ce vers», etc. Ces dissections sont aussi lassantes qu’un amoureux détaillant à des tiers les charmes de sa bien-aimée. Ce n’est pas que la beauté littéraire n’existe pas : seulement, c’est une expérience aussi incommunicable que les grâces de la dulcinée pour qui n’y est pas sensible. Il faut s’éprendre soi-même et se résoudre à ne jamais comprendre." Analyse d’Oriane (feutre noir) : une chose peut-être, comme ce fragment, à la fois vraie et fausse. Il y a en effet de l’inexpliqué dans tout rapport au littéraire car entre en jeu la subjectivité absolue de la lecture, donc du sujet lisant, donc son unicité particulière ; mais il n’en est pas moins vrai qu’une analyse, pas forcément ennuyeuse — sauf pour qui ne veut accepter que de l’ineffable, de l’inspiration, du mystère — de la technicité d’une écriture me semble parfaitement possible.
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